Cumpleaños en la selva

Waouh ! Je suis devenu hispanisant au point de faire des titres en Castillan ! Incroyable quand on se souvient de l’épisode de l’arrosoir/eau de javel… Bon, bref, j’arrête de me la ramener car aujourd’hui le post est plutôt consacré à Émilie et ses 23 printemps. Comme d’habitude, tout était prévu dans le Land pour passer une soirée délicieuse : Tartiflette de saison, chaussons au coin du feu, montagne de cadeaux (des chaussures, des sacs et quelques bijoux…) même Michelle, sa maman nous avait rejoint pour l’occasion. Là où tout commence à se dérégler, c’est lorsque nous décidons d’aller passer ce 24 février à puerto Misahualli au bord du rio Napo, bourgade amazonienne bien connue pour le flegme de ses habitants que même les singes voleurs et facétieux n’arrivent pas à perturber. On déambule donc tranquillement sous 35° et 267 % d’humidité (faut bien exagérer un peu pour retenir le lecteur) lorsque nous prend l’envie d’aller faire un tour dans la forêt amazonienne.

-          bonjour, on peut faire une balade en forêt ?

-          Vous arrivez juste au bon moment nous préparons une sortie de deux jours pour demain…

-           ?... ?

-          Ça vous intéresse ?

-          Ben…heu… anniversaire…euh…pas prévu… (vous remarquerez notre capacité de décision  toujours aussi réactive et structurée)

-          Bon, puisque vous êtes d’accord, rendez vous demain matin à 8 heures.

 

 

Y'a du monde !

En attendant le grand départ amazonien, nous installons le Land sur le terrain de foot de la communauté de Shiripuno où nous découvrons que le sens de l’expression « tourisme communautaire » n’est pas que du marketing.  L’esprit communautaire existe réellement dans ces villages « indigènes » aucune connotation péjorative dans ce mot au contraire il détermine une antériorité par rapport aux colons européens. Il se traduit souvent par la gestion en commun des espaces publics. 2 fois par mois les hommes du village « tondent » le terrain de foot à la machette alors que pour les femmes, c’est l’entretien des chemins. Tout ça pour dire que l’expression communautaire prend ici tout son sens. Là où ça devient moins clair, c’est autour des projets touristiques.  Pour pouvoir accueillir les touristes dans un cadre correspondant à leurs attentes, il faut commencer par construire des cabanes de bambous dans les arbres éloignées du village où vivent les indiens dans des maisons en parpaings avec télé, chaine hifi (à fond le reggaetón) et groupes électrogènes. Il faut ensuite que les indiens ressemblent à des indiens. Pour accueillir les touristes, on tombe le jeans et le T-shirt pour enfiler l’habit traditionnel abandonné depuis les grands parents. Il n’y a qu’une chose dont on ne puisse se débarrasser, c’est le portable ! Une fois la mise en scène effectuée, tout se passe au mieux, l’occidental est conforté dans sa lecture de Rousseau et la communauté indienne améliore son niveau de vie. Disneyland n’a rien inventé ! Sans vouloir généraliser, est ce que le touriste occidental ne pourrait pas attendre du contemporain pour laisser aux musées des traditions d’un autre temps ? Problème complexe que nous avons eu la chance d’entrapercevoir grâce au terrain de foot/camping qui sert de transition entre le village touristique et le village d’habitation. A chaque passage, d’un univers à l’autre, les indiens en profite pour dire bonjour aux français, visiter le Land et demander si rien ne manque, bref ça circule dans le Land…

 

 

  Après ces propos quelques peu lénifiants et défonceurs de portes ouvertes, nous voilà donc de bon matin bottés dans une pirogue en train de descendre le Napo. Encore une fois, la nature nous met une bonne claque et nous remet à notre place. On se sent lilliputiens devant ces arbres gulliveriens, on se sent démunis pour pénétrer cette végétation si dense, on se sent nager comme une clé de 12 dés qu’on se plonge dans les courants du Napo…La nature est plus docile du coté de Viré !

Nous avons eu la chance d’être accompagné par un jeune guide nous présentant les coutumes anciennes et les différents aspects de la forêt, mais aussi les problématiques sociales, politiques ou économiques actuelles. Journée bien remplie et enthousiasmante malgré la visite d’un zoo tout naze… C’était pour nous la première fois que nous randonnions dans une forêt équatoriale aussi chaude et humide. Éloi, fidèle à ses habitudes décide que marcher est fatiguant (comment ça on transpire rien qu’à écrabouiller le millionième moustique ?) c’est donc en père-courage que je terminerais la rando de 3 heures à le porter au milieu des anacondas, tarentules et autres guépards. Quel père formidable ! Bon je crois que je vais en rester là pour l’autocongratulation…

Le soir venu, c’est avec un gros gâteau à la crème tout à fait adapté à Émilie, au climat et au lieu que nous chanterons à tue-tête un bon anniversaire à Émilie. C’est donc pour toutes ses bonnes raisons qu’Émilie n’a pas croulé sous une montagne de bijoux et de chaussures. Comment ça ? J’aurai monté cette « expédition » juste pour masquer le fait que je n’avais pas de cadeaux ? De toute façon, un anniversaire il y en aura un l’année prochaine aussi ! Heureusement, Émile a passé la journée à orpailler pour pouvoir offrir de l’or à sa mère…

Bon, je commence à cuire ici, il fait 37° à l’intérieur du Land et 35° sur la plage de Mompiche. Les rouleaux du Pacifique quant à eux doivent bien être à 28°. J’enfile mon maillot et je vous embrasse. Du haut de sa bouée canard, Émilie remercie tout le monde pour les messages d’anniversaire.

Des photos, des photos...

 

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Commentaires: 12 (Discussion fermée)
  • #1

    H et H (mercredi, 03 mars 2010 23:17)

    Quel plaisir de regarder les photos, vous êtes tellement souriants... et quel bonheur pour mamie Michelle de vous avoir retrouvés...
    Bon anniversaire à Emilie avec un peu de retard!!Continuez bien votre découverte et à bientôt pour de nouvelles images
    Bises à tous
    Hélène Henri

  • #2

    frisettecranedoeuf (jeudi, 04 mars 2010 21:13)

    on attendait de voir comment aller etre l'anniversaire d'Emilie pour lui dire que bien entendu nous ne l'avions pas oublié..On oublie pas les vieux qui prennent un an de plus, on se doute que cela ne doit pas etre facile d'autant que maintenant tu peux ajouter quelques jours de plus a tes 46 ans.. on est avec toi et promis si on se recroise sur la route, on fete ca autour de quelques bonnes bieres...

  • #3

    BONNEAU Limoges (jeudi, 04 mars 2010 21:42)

    Mamie Michelle se régalait dans les eaux amazoniennes mais pas dans celles du LAY" à La Faute !
    Merci pour vos photos magnifiques elles permettent un aperçu des lieux où l'on ne peut aller. Ici le soleil montre son nez, mais il commence vraiment à nous manquer.
    Bonne poursuite de l'aventure.
    Madeleine Yves

  • #4

    annie puyriacrd (jeudi, 04 mars 2010 21:48)

    quel bonheur de lire le roman de bertrand avec ses aenetures je ne connaissais pas la date d'anniv d'emilie donc bon anniversaire avec un peu de retard celui là sera exceptionnel et ne se confondra pas avec les precedents!
    je ne connais pas ces grds concombres parcontre j'ai retrouvé des fleurs de la martinique j'ai bien vu que vous alliez revenir riches depuis votre nouvelle profession d'orpailleur!!

  • #5

    famille Canevet (samedi, 06 mars 2010 23:16)

    Coucou;
    Super ce texte. Quel littéraire ce Bertraand. ra
    Nous souhaitons un joyeux anniv à Emilie !
    De gros bisous envoyé de notre salon où nous nous réchauffons prêt du poêle.

  • #6

    les coutona (dimanche, 07 mars 2010 23:03)

    salut les explorateurs, encore de bien belles images et de beaux textes. à croire que Bertrand a fait bac Littéraire. reconversion assurée chez GEO...
    ici ce n'est pas la chaleur qui prédomine. mais la tempête Xyntia a laissé qq traces d'humidité: la maison d'AYTRE noyée sous 2m d'eau. Tout a été jeté, il ne reste que de la vaisselle qui ne s'est pas cassée ds le déluge. INCROYABLE mais VRAI. A bientôt de vos aventures

  • #7

    pacoré (lundi, 08 mars 2010 17:55)

    Milles mercis pour votre message téléphonique... ça réchauffe mon p'tit corps frigorifié!!
    On a mis qqs minutes, deux écoutes du message et 8 oreilles pour vous reconnaître... mais après... quelle joie!
    Vous me manquez, vous nous manquez tous les 4. Grosses bises
    à très bientôt
    Paco and co

  • #8

    delfinette (jeudi, 11 mars 2010 23:47)

    C'EST L'HALLUCINATION TOTALE ! Les Rejou Chauvet, vous me faîtes hallucinez après l'image, l'écriture, la VOIX ! Merci FRANCE INTER !!!O Vous vouliez passé inaperçus et ben non. Quelle joie, mon coeur bat la chamade de cette belle surprise avant d'aller dans les bras de Morphée ! J'hallucine toujours de t'entendre là Bertrand, j'ai eu du mal au début à reconnaître ta voix mais oui c'est bien vous ... Merci pour ce petit passage radiophonique ! Je vous embrasse bien fort

  • #9

    Paco y Nello (jeudi, 11 mars 2010 23:59)

    Wouah voilà une sérieuse concurrence aux Nicolas Demorand et autres voix de France Inter ! bravo aussi à Emile !

  • #10

    les6tzen (vendredi, 12 mars 2010 17:17)

    Bon anniversaire Emilie. Qu'ils sont mignons vos louloups sur les photos. Drole de coincidance hier soir sur inter¡ c'etait sympa de se retrouver ensemble. Je vous embrasse.Bon voyage.
    Arnaud

  • #11

    Thibault (dimanche, 14 mars 2010 18:43)

    Vos aventures m'intéressent beaucoup. J'aime bien vos photos d'animaux. Je vous ai écoutés à la radio.
    Emile et Eloi, vous me manquez beaucoup. Cet hiver, je suis allé faire du ski et de la luge avec Pascal, Nelly et Mémée.
    Je suis revenu à Niort, dans mon ancienne école, Jules Ferry.
    Je vais très bien. Mémée n'a presque plus mal à sa jambe.
    J'ai grandi et vous aussi ?
    Emile, je vais te faire des calculs quand tu reviendras. Est-ce que vous êtes tombés ?
    Les cousins, revenez bien vite !

  • #12

    Mémée (lundi, 22 mars 2010 10:11)

    Avec bcp de retard, je voulais dire que je n'ai pas eu les mêmes impressions que vous en visitant le "zoo tout naze"; je vs l'avais conseillé car le groupe de notre pirogue avait été accueilli et guidé par un jeune vétérinaire enthousiaste. L'idée de sauver et de relacher progressivement des animaux de la "green forest" me plaisait bien ... Accueillir et aider à retrouver la liberté !